Le Conseil Régional Auvergne optimise son pilotage de la Formation Professionnelle

 L’échelon régional, en tant que collectivité territoriale, a depuis 2004 pour compétence la formation professionnelle continue. La région Auvergne a choisi d’optimiser encore son action dans ce domaine en mettant en place, depuis
le 1er janvier 2014, un S. I. E. G. – « Service d'Intérêt Economique Général » de la formation professionnelle. Nous avons demandé à Jean-Marc Dumont, animateur territorial pour le Conseil Régional Auvergne en ce qui concerne la formation continue sur les bassins de Moulins et de Montluçon, de nous en dire plus sur ce nouveau dispositif.

Mission locale de Moulins : --Quand on parle de Service d'Intérêt Economique Général, il s’agit d’une nouvelle norme ?...
Jean-Marc Dumont : - C'est avant tout « techniquement » une modalité juridique pour acheter de la formation. C'est une transposition du droit européen. D'autres régions l’ont fait sur l'ensemble de l'offre de formation, les élus de la région Auvergne ont choisi de le faire principalement sur le « pré-qualifiant ». Ce que l'on appelle le champ du « préparatoire ». Cela représente tout ce qui est orientation, construction -- validation de projet professionnel, préparation en vue  d'une entrée en formation qualifiante – ou même préparation  à l'emploi direct. Nos élus ont donc fait le choix de porter particulièrement l’effort sur ces champs-là, et aussi sur le champ de la remise à niveau qui était anciennement le dispositif Réactif porté par les GRETA. Nos élus ont aussi choisi d'y intégrer l'Ecole de la Seconde Chance (E.2C). Ce que l'on appelle aussi les parcours renforcés.

Des organismes de formation agréés pour quatre ans.

Il a été considéré que ce champ-là de la formation relevait du service public. Le SIEG est une forme de délégation de service public. Donc, nous avons agréé des organismes de formation pour une durée de quatre ans. Il y a pour cela une procédure d’offre publique de marché. On met en concurrence les organismes de formation mais au lieu de le faire chaque année, on lance une offre pour une durée de quatre ans.
On confie cette mission-là à des organismes de formation et, en contrepartie, la collectivité paie à l'euro près sur production de justificatifs, l'intégralité des frais qui sont engagés. Mais dans un cadre qui a été déterminé.
Le SIEG permet ainsi d'asseoir mieux l'existence des organismes de formation. Cela peut aider à l’inscription des structures dans la durée. Et  cela donne de la visibilité au moins sur 4 ans aussi aux prescripteurs -Pôle Emploi, Mission Locale, CIDFF… qui savent ainsi sur cette période comment se répartissent les offres de formations.

Permettre à tous les auvergnats d’accéder à un niveau V.

Mission locale de Moulins : -- La mise en place de ce SIEG permet à la Région de continuer d'affirmer que tout citoyen du territoire peut accéder à une formation professionnelle et notamment tout particulièrement dans cette phase préparatoire ?...
Jean-Marc Dumont : -- En fait, le but de la formation professionnelle en Auvergne, c'est de permettre à tous les auvergnats qui ne sont pas ou peu qualifiés d'accéder à un niveau 5 en qualification.
Si nos élus ont fait le choix de ce SIEG, c'est avant tout dans l'objectif de sécuriser les parcours, que tout le travail préparatoire ait été fait, validé que l'on soit le maximum sûr que l'on n'aura pas affaire à des ruptures de parcours.
Cela permet une plus grande cohérence dans l'accompagnement des personnes. Il s’agit de s'assurer que l'on peut proposer des parcours cohérents à des personnes ayant validé leur projet.
Mission locale de Moulins : -- L'intérêt, semble notamment la présence de places réservées au sein des formations qualifiantes pour des postulants jeunes ou, moins jeunes d’ailleurs, venant de la « préparatoire ».
Jean-Marc Dumont : -- Là aussi, il s'agit de s'assurer de la cohérence des accompagnements que nous opérons. Ainsi, la Région achète des places en formation qualifiante auprès des organismes de formation, des places en quelque sorte préemptées pour des personnes issues de la « pré – qualifiante »...

Bien border l'accès à la formation qualifiante.

Il se trouve que nous avions eu l'occasion de nous apercevoir parfois d'un manque de connexion entre la formation pré qualifiante et la qualifiante.
Le processus de SIEG permet ainsi beaucoup plus de connexions entre les organismes de formation qui font du pré-qualifiant et ceux qui font du qualifiant.

De nouveaux outils informatiques pour faciliter la communication entre les acteurs.

Mission locale de Moulins : -- Il est aussi question de nouvelles modalités d'information entre les acteurs ?.. Qu’en est-il exactement ?
Jean-Marc Dumont : -- Pour ce qui est des systèmes d'information il y a plusieurs niveaux :

  • -- d'une part pour ce qui concerne la rémunération des stagiaires avec un logiciel, --SESAR -- système qui permet de gérer les rémunérations et les suivis des stagiaires. Bientôt les organismes prescripteurs pourront avec cet outil enregistrer une prescription dématérialisée. A ce sujet, il existe un groupe de travail auquel participe justement la responsable du Pôle formation de la Mission locale de Moulins -- Maryse Yoth-Montagne
  • -- d'autre part les outils d'information via le CARIF OREF- : il s'agit là de l'information concernant l'offre de formation à destination des stagiaires et son versant à l’adresse des professionnels. On est en train de développer un certain nombre de fiches sur des demandes un peu particulières ; on développe par exemple l'automatisation des demandes de dérogations ou des demandes de mise à disposition de plateaux techniques…
  • - tout ce qui a trait au suivi des actions, cela concerne donc les services de la Région mais aussi bien sûr tous les prescripteurs, notamment à travers le logiciel SESAR là aussi. Avec cet outil, on peut automatiser un certain nombre de tableaux de bord. Nous pourrons ainsi utiliser ce logiciel au cours de réunions de coordination de formation, avoir tout de suite à disposition l'information concernant les offres de formation sur le territoire, le volume d’heures consommées, le suivi des stagiaires etc ..

L'automatisation de la collecte et du traitement de tous ces types d'informations permettra ainsi à l'ensemble des acteurs de se concentrer encore mieux sur le suivi et l'accompagnement des stagiaires.
Dans l'ensemble de l'évolution de ce dispositif, nous considérons qu'il est important d'avoir un engagement de tout le monde y compris des prescripteurs et des organismes de formation. C'est le cas dans l'Allier qui est un département plutôt moteur dans ce domaine. Ainsi, sur le bassin de Moulins, il est assez révélateur que la Mission Locale de Moulins soit associée au groupe de travail sur ce SIEG.