La Mission Locale, partenaire de la lutte contre le décrochage scolaire.

Depuis plusieurs années, l’Éducation Nationale a mis en place des Cellules de Veille Éducative (CVE) afin de mieux prendre en charge les jeunes en phase de décrochage scolaire. Ces cellules sont supervisées par la Mission de Lutte contre le Décrochage Scolaire (MLDS).
Selon les territoires, ces cellules incluent différents partenaires. Pour ce qui est de tout le Nord- Est Bourbonnais- la région de Moulins, cette cellule est composée de l’Inspection Académique, de la Mission de Lutte contre le Décrochage Scolaire, de représentants d’établissements scolaire – collèges et lycées-, d’un représentant des Conseillers Principaux d’Education (CPE), d’une assistante sociale de l’Education Nationale, du Centre d’Information et d’Orientation (CIO), de la Mission Locale, et de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ)°.


Rachel Pacaud, conseillère Mission Locale référente CVE, nous explique comment elle intervient dans ce dispositif :


« Quand un jeune se présente pour la première fois à la Mission Locale et qu’il est dans la situation, soit d’être scolarisé, soit qu’il vient d’arrêter l’école, nous nous mettons à l’écoute de sa demande. Nous commençons par l'inciter à rester dans le système scolaire. S'il ne le souhaite pas, nous envisageaons la forme que pourrait prendre la suite de son parcours et en même temps, nous informons la Mission de Lutte contre le Décrochage Scolaire à travers un logiciel qu’elle met à notre disposition et sur lequel nous saisissons les jeunes dans cette situation.
Nous évoquons ensuite  leurs cas en Cellule de Veille Éducative. Celle-ci se réunit une fois par trimestre. Au travers de l’expérience de l’ensemble de ces professionnels partenaires, nous pouvons mesurer où en est exactement ce jeune et ce qui peut être le mieux pour lui, dans quel parcours, on pourra s’assurer qu’il puisse s’épanouir et se garantir le meilleur avenir possible. Cette CVE permet donc une véritable concertation entre les différents professionnels. Nous pouvons nous coordonner, nous mettre d’accord sur qui va recevoir en premier tel ou tel jeune, qui peut l’accompagner au mieux etc. »

Une plateforme d’insertion et de découverte professionnelle au lycée Jean Monnet d’Yzeure.

L’Éducation Nationale a aussi mis en place une plateforme d’insertion et de découverte professionnelle. Son travail est venu s’articuler avec celui des Cellules de Veille Éducative, le tout toujours supervisé par la Mission de Lutte contre le Décrochage Scolaire (MLDS).

Pour la région de Moulins, la plateforme d’insertion et de découverte professionnelle est basée au lycée Jean Monnet d’Yzeure. Cette structure accueille des jeunes de 16 ans qui arrivent en fin de troisième sans solution d’orientation. Ces jeunes sont scolarisés pendant un an à Jean Monnet dans une classe spécifique. Au sein de cette classe, ils ont deux jours de remise à niveau en français et en mathématique principalement, et trois jours d’accompagnement afin qu’ils puissent par exemple entrer dans le circuit de l’apprentissage ou, selon les cas… reprendre leur scolarité. En effet, dans le cadre de cette classe ils ont la possibilité de faire des stages professionnels, et certains s’aperçoivent que cela ne leur convient pas. Ils sont d’autant plus motivés pour se réinsérer dans une filière scolaire.
Il existe de telles plates-formes dans les deux autres agglomérations de l’Allier; à Montluçon et à Vichy.

Comme l’indique Rachel Pacaud, « - Actuellement, nous sommes dans la période où peuvent se présenter des jeunes en recherche d’une solution après qu’ils (elles) aient pris la décision de mettre fin à leur formation au sein du système scolaire, qu’ils (elles) soient en recherche d’apprentissage ou en recherche d’emploi… »

L’accompagnement ANI (Accord National Interprofessionnel).

Il s’agit d’un accompagnement d’un an permettant à un jeune de travailler un projet d’accès à l’emploi, ou à une formation qualifiante ou encore, selon les situations, d’organiser son retour à la scolarité.
Ce dispositif s’adresse à des jeunes qui n’ont aucun diplôme et il faut qu’il n’ait jamais bénéficié d’un accompagnement renforcé par aucune structure... Il s’agit donc de s’adresser prioritairement aux jeunes décrocheurs. De fait, ce dispositif regroupe très majoritairement des mineurs.
Bénéficiant de l’ANI, un jeune peut aller faire un stage chez un employeur dans le cadre d’une convention-type.
Si les objectifs de cet ANI sont atteints, à savoir, si le jeune trouve un emploi de plus de six mois ou une formation qualifiante, ou choisit de retourner à l’école, la Mission Locale opère encore six mois de suivi auprès du jeune à raison d’une fois par mois, voire plus si besoin est.
Ce suivi est envisagé pour permettre de conforter au mieux le jeune dans ce nouveau choix vers la vie professionnelle, pour laquelle il s’est déterminé.
 

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